Elle se plaît dans cet univers un peu sombre, décalé. Ces gens qui ressentent, qui portent les vibrations de la Terre dans leurs veines, d'où goutte à goutte, s'échappe le liquide rouge, étrange bruit sur le parquet qui rompt le silence de la solitude. Ces gens dont les émotions aiment s'emparer, les sentiments s'approprier. Et ce n'est pas de sa faute.
Elle vous dira que rien n'est plus beau qu'une larme le long d'une joue, qu'une perle fine et chaude sur une peau délicate. Qu'une petite bulle d'eau salé au bord de l'½il.
Elle vous dira aussi que l'important c'est de s'approprier la douleur, pour mieux sans servir comme arme. Que rien ne vaut un c½ur brisé pour pouvoir porter le poids de sa vie. Et elle a sans doute raison.Son plaisir naîtra à l'intérieur de ce corps que souvent elle s'imagine abandonner. Les faux sourires ça la répugne, la dégoûte. Ce bonheur superflu qui ne sert à rien sauf à tromper. Elle aime le véritable, l'affreux, ces choses belles et inévitables. Comme l'amour qui l'inonde. Elle connaît les vraies valeurs, les secrets des âmes perdues. Et elle n'y peut rien.
Ses mots, rares, sortent de sa bouche avec une infinie prudence. Ils sont capables de tout. Mordre, cracher, piétiner ; même tuer. Peu se préoccupent du mal qu'ils font. Pas elle.
Elle préfèrera la mélancolie pure des notes de musique. Ses instruments seront le piano et le violon. Parce qu'elle jouera avec leurs tristesse sans les blesser, pour le plaisir des oreilles intelligentes. Et si vous saviez, qu'elle a raison...
Vous lui laisseriez peut-être une chance.